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Éditorial

Nous vivons dans des temps délirants. Avec les dernières élections Américaines, les conflits interminables partout le monde, et les désastres écologiques qui s’avancent doucement c’est approprié de discuter ‘la folie’ comme état d’ être. Aujourd’hui, la technologie raccorde tout le monde instantanément par des écrans en proliférant des fantasmes, des horreurs et des propagandes qui infusent la psyché avec des pseudo-‘réalités’. L’idée de la ‘raison’ est de plus en plus douteuse. Transverse numéro 16 – La Folie, vise à aborder la folie dans toutes ses expressions et internalisations pour tenter d’approfondir et faciliter des discussions productives entre les consommateurs/survivants, les chercheurs et les artistes. En déstabilisant la structure binaire de ‘raison/folie’ , nous espérons que nos lecteurs traversent des territoires inconnus et réflechissent de façon critique, stimulés par la poésie captivante, les articles innovants et l’art transcendantal.

Dans l’article “Wordsworth’s Writing Cure” David Takamura examine les ‘points du temps’ dans une version précédente du poème The Prelude. Cet article applique une interprétation psychanalytique pour montrer que l’expression poétique fonctionne comme un processus thérapeutique pour les traumatismes refoulés. Dans son texte, Sarah Harrison explore plusieurs formes de deuil qui contredisent le ‘bon deuil’ traditionnel et diagnostique dans le roman Obasan. L’investigation de la France postrévolutionnaire par Ginette Jubinville souligne la psychiatrie d’Esquirol et autres: comment l’aliénisme et l’infantilisme se réconcilient sous la figure paternelle psychiatrique. Les articles par Agathe Martin et par Benoit Boutillier et Anamaria Fernandes qui suivent offrent des interprétations et des pratiques novatrices dans la clinique et au delà de la clinique, tel que les témoignages auto-analytiques et la danse comme expressions thérapeutiques. Il y a aussi une section créative et émouvantes avec de la poésie et de l’art. Les poèmes traitent sur le thème de la folie subjective inspiré par l’art (D.M Spitzer), l’exil (Baba Badji), les mémoires et les traumatismes (Jessica Holmes) et l’échec linguistique (Fan Wu). Les œuvres d’art affrontent le spectateur avec des illustrations du rapport entre le média et l’esprit (Sara Spitzer) ainsi que des fantasmes cosmiques (Dana McCool).

A cause du grand nombre de soumissions créatives cette année, nous avons pris la décision d’inclure une sélection exclusive sur notre page web. Nous encourageons nos lecteurs à visiter notre site et trouver des essais créatifs (Marianne Le Morvan, Leonard Stein) et de la poésie audio (Trihn Lo).

La composition de cette revue a été aussi enrichissante qu’exigeante. Nous avons accepté les positions de la direction sans prétentions et nous avons affronté des difficultés tout en apprenant davantage. Le personnel administratif du Centre de littérature comparée et les anciens éditeurs de TRANSverse nous ont collaboré en nous soutenant dans notre travail. Grâce aux précédents éditeurs et à la suggestion ingénieuse de Paula Karger, la revue sera indexée dans la bibliographie internationale MLA cette année. Nous remercions Prof. Jill Ross, Prof. Ann Komaromi, Bao Nguyen, Aphrodite Gardener et le syndicat d’étudiants du Département de Littérature Comparée pour leur soutien et encouragement. Finalement, notre équipe de rédaction a fait un travail remarquable en produisant cette revue.

En solidarité,
Nina Youkhanna et Benjamin Bandosz
Éditeurs en chef