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Editorial

En choisissant le thème de ce numéro, nous nous sommes retrouvés perturbés par un climat politique qui provoquait des tensions dans nos communautés, nos campus, et même nos familles. La corruption politique flagrante, les gaslighting (inter)nationaux, et les groupes réactionnaires sont devenus la norme depuis que nous avons choisi « La résistance et le ressort » comme thème du numéro 17 de TRANSverse. Les auteurs ont répondu avec des interprétations et des critiques variées qui allient une méditation nuancée sur le thème. Cette collection explore la résistance et le ressort des domaines écologiques, sociaux, personnels, et politiques, créant un palimpseste riche qui incarne les nombreuses dimensions de notre thème. En travaillant sur la question, nous avons pris conscience que l’idée et l’expérience de la survie émergeaient comme un thème latent et récurrent – pas uniquement dans nos soumissions, mais aussi comme une réalité à laquelle le journal était confronté. Les soumissions partagent ce fil avec les propres défis de TRANSverse en matière de résilience et de survie face au financement limité, à la bureaucratie, et au maintien d’un statut bilingue.

Cette année, nous avons eu l’occasion de relever des défis en participant à une table ronde à l’Association canadienne de littérature comparée organisée au Congrès des Sciences Humaines à l’Université de Regina en 2018. Nous avons partagé l’histoire de notre journal et son mécanisme de survie durant une période de grande précarité pour les départements interdisciplinaires. L’imbrication de la résistance, du ressort, et de la survie est devenue évidente une fois la table ronde terminée et nous nous sommes réunis pour s’offrir, mutuellement, de l’aide dans un futur proche. En conséquence, le numéro 17 aligne les propres obstacles de TRANSverse sur le thème exploré, marquant une implication personnelle dans la lutte active pour créer une communauté et continuer à publier des pièces qui donnent une voix et témoignent des luttes autrement ignorées.

Le 17ème numéro promet d’engager nos lecteurs dans une réflexion captivante sur la résistance, le ressort, et la survie dans des contextes familiers et étrangers. Le matin, alors que nous parcourons les nouvelles actuelles, nous sommes confrontés à un flux d’articles et de données sur la hausse des températures et du niveau d’eau. On pourrait se demander comment l’océan se plaindrait et s’attaquerait à ses pollueurs. Sa plainte serait-elle une élégante diatribe, ou une déclaration sarcastique et moqueuse? Nous portons ensuite notre attention sur le choix quotidien de vêtements, une corvée apparemment anodine. Et pourtant, les vêtements que nous choisissons de porter pourraient exprimer une résistance politique ou sociale, tout comme le Zoot des Chicanos. Lorsque nous passons devant les protestations rassemblées sur les campus ou devant les ambassades, nous remarquons leur appel à la résistance rendu évident par leurs chants, leurs slogans, et leurs enseignes. Cependant, nous n’enregistrons pas les diverses tensions et philosophies qui pourraient briser ou joindre le groupe. Et ceux dont les voix sont assourdies par les cris et les sirènes, de quoi rêvent-ils? Rêvent-ils des mêmes révolutions et utopies? La poésie, les articles critiques, et les illustrations de la 17ème édition de TRANSverse explorent ces questions et d’autres quand on témoigne des changements politiques sismiques.

Ce numéro a été rendu possible grâce à la collaboration entre le personnel éditorial et administratif du Centre de littérature comparée de l’Université de Toronto. Nous aimerions souligner le soutien infatigable du Centre, qui contribue à la survie de ce journal. Nous remercions également Dr. Jill Ross, Dr. Ann Komaromi, Bao Nguyen, Aphrodite Gardener, et Anthoula Vlahakis qui ont tous été des administrateurs utiles et sans lesquels TRANSverse serait réduit à quelques pages rapidement agrafées ensemble. Nous sommes vraiment reconnaissants aux éditeurs et éditrices – Paula Karger, Teresa Valentini, Matt da Mota, Aline Bouwman et Ben Hjorth – qui ont contribué à la réalisation des pièces qui composent ce numéro. Des remerciements spéciaux vont à Ailen Cruz, Nat Harington, Matt Ariaratnam qui nous ont appuyés dans nos habitudes de travail obsessives-compulsives, d’innombrables réunions, et nous ont encouragés à continuer le journal. Nous remercions, tout particulièrement, Jeanne Mathieu-Lessard d’avoir organisé le panel sur la survie des publications périodiques en littérature comparée, et aussi d’avoir invité TRANSverse à participer au Congrès 2018.

Rédactrice et rédacteur en chef,

Vanessa & Ben